Le microphone comme transducteur Part. 2
La qualité d’un microphone ne peut se justifier uniquement par son timbre.
Qu’attendons nous des microphones ? En fait, que souhaitons qu’il ne fasse pas ?
Les explications de ce chapitre nous démontreront que la qualité d’un microphone se paie à juste titre par les diverses études menées dans des domaines peu souvent abordés.
Un microphone professionnel se doit d’être robuste, exempt de bruit ou de souffle manifeste, immunisé aux champs électromagnétiques, possédant des caractéristiques ne variant pas dans le temps, et conforme aux normes pour s’adapter aux systèmes d’enregistrement (consoles ou magnétophone de reportage). Les 2 tableaux nous montrent qu’une sélection peut déjà se faire sur les caractéristiques techniques des microphones. L’échelle de la courbe de réponse ou du diagramme polaire est aussi un signe de camouflage, les courbes dessinées à la main où à l’ordinateur ne sont pas sérieuses...
La matière plastique n’a jamais supporté les chocs, elle n’aime pas non plus les contraintes de manipulation tels le dévissage de la grille (maniaquerie des chanteurs), les flexions répétées sur les cols de cygne, les adaptations rocambolesques des pinces micros, les connexions un peu trop rapides sur XLR, les facéties des musiciens qui leur alloue un coup de baguette, d’archet ou de dent quand l’inspiration se concrétise. Lors d’un choc, un microphone en métal se retrouve seulement affligé d’une petite bosse et si c’est la grille qui fait les frais de la chute, un débosselage rapide au marteau est toujours possible...
Un bon microphone de qualité vaut le prix d’un PC portable, si l’on fait rarement tomber son ordinateur, un microphone nécessite des manipulations, il doit donc être paré à ces éventualités.
Le métal n’a pas que des vertus en résistance des matériaux, Il constitue au niveau des grilles, ces fameuses cages de Faraday l’immunisant des ondes électromagnétiques. Le tressage métallique entourant la capsule possède un rôle de mise à la masse de tout flux radiofréquence.
Il est très désagréable de capter une émission radiophonique dans son enregistrement tout comme de se retrouver muté lors de la présence d’un talkie-walkie un peu puissant.
La poussée des technologies sans fil de plus en plus omniprésente nous oblige aujourd’hui à être encore plus vigilants à l’immunité de nos capteurs. Une simple comparaison entre divers microphones consiste à les approcher d’un écran cathodique ou d’une lampe basse tension.
Les microphones électrodynamiques souffrent plus de ce problème en raison de la présence de la bobine mobile qui réagit comme une antenne.
Lorsque que l’on parle du bruit des microphones, il provient à la fois de l’électronique de l’amplificateur et du bruit propre de la capsule.
Les microphones électromagnétiques ont cette fois des propriétés étonnantes.
En règle générale les faibles diamètres des capsules des microphones statiques et tout particulièrement les électrets génèrent du bruit plus important.
Notons au passage que seules certaines marques de microphones professionnels donnent les valeurs réelles de bruit car il est très difficile de mesurer le bruit de la capsule sans disposer d’une mini chambre sourde dédiée à cette mesure.
La majorité des constructeurs se limite à simuler la capsule et ne mesure que le bruit du préamplificateur.
Certainement le critère le plus important mais malheureusement jamais mentionné. Lorsque l’on achète un couple de microphone, on voudrait qu’il soit interchangeable avec ses petits frères le plus longtemps possible. Pour une captation stéréophonique, c’est même primordial.
Certains microphones de haute qualité peuvent conserver toutes leurs spécifications pendant plus de quinze ans.
A nouveau la technologie des microphones est redevable de leurs performances dans la durée.
Les microphones statiques à large membrane ont tendance avec te taux d’humidité ambiante à se détendre. Un microphone voix, en raison de la proximité de vapeur dégagée par la bouche aura tendance à fatiguer plus vite. Les premiers symptômes commencent par un bruit additif au signal (bruit similaire à l’écoulement d’un ruisseau). Lorsque que la membrane se détend trop, elle vient coller la contre électrode et c’est le silence.
Les grandes capsules sont parfois sujettes à un dépôt de poussière. La masse ajoutée est négligeable et ne modifie pas les caractéristiques. Si vous souhaitez absolument vous débarrasser de ces particules, utiliser un pinceau sec en l’appliquant très modérément, ne jamais nettoyer à l’eau, vous pourriez enlever la pellicule d’or.
Les électrets à bas prix ne sont pas réputés pour conserver leur pré polarisation seules certaines marques comme Brüel&Kjær maîtrisent parfaitement cette technologie.
Les mousses acoustiques utilisées pour la correction de la directivité, en anti-vent ou en protection de membrane vieillissent très mal, elles ont tendance à se désagréger voir à pourrir. On conseille aux ingénieurs du son de ne pas laisser les microphones en lieu humide (cave ou lieu ouvert).
Les microphones équipés de capsules interchangeables (directivité) ont tendance à s’oxyder au niveau des contacts dorés à l’or fin. Les impédances d’entrée avant FET (transistor à effet de champ) des microphones statiques sont si grandes que la moindre résistance de contact additionnelle génère un bruit important (bruit de friture). Une maintenance simple consiste à nettoyer les contacts avec un coton-tige imprégné dans l’alcool.
Si aujourd’hui, un effort de standardisation est constaté : prise XLR, alimentation 12-48V, impédances de sortie, on se méfiera des microphones vintages qui nécessitent parfois quelques modifications. On se méfiera aussi des microphones avec une consommation en courant élevée. En effet les alimentations fantômes de nos petites consoles japonaises ne sont pas toujours capable de délivrer la puissance nécessaire lorsque qu’une dizaine de microphones consommant plus de 6 mA est connectée, l’alimentation s’écroule en dessous de 12 V et peut rendre muet certains microphones.
Le gabarit des courbes des constructeurs nous renseigne sur la précision de l’élaboration de leurs produits. On évitera les microphones statiques américains ou australiens qui sont fabriqués avec des membranes chinoises à bas prix et des variations importantes entre les séries.
Ces quelques spécifications nous montrent que la qualité d’un microphone ne dépend pas de son esthétisme ni même de sa réponse en fréquence et de son diagramme polaire. Il existe une réelle différence entre un capteur à 300€ et à 1500€ : son temps d’utilisation.
On privilégiera dans son choix des microphones avec des marques renommées possédant des modèles ayant quelques années, on fuira les constructeurs changeant leur gamme de microphone en plastique tous les ans.
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Polar pattern |
Cardioid |
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Frequency response |
40Hz – 16kHz |
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Sensitivity |
11mV/Pa |
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Power |
48V nominal |
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Output impedance |
200 W normal |
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Minimum load impedance |
1k W |
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Weighted noise level |
14dB |
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Max SPL @ 1kHz |
>122dB |
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Max output voltage |
1.2 V |
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Current Consumption |
8mA |
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Free field sensitivity change at the angles of receiving 0 and 90° in the assigned frequency band |
no less than 25dB |
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Dimensions, mm |
Æ52х210 |
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Weight |
0,5 kg |
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Temp. Range |
-40° C - +55° C |
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Relative Humidity |
85% (+25° C) |
Tableau 1 Les données ne sont pas sérieuses Microphone à éviter. La réponse en fréquence ±3dB ±5dB ±10dB ? Que fait le microphone avec une alimentation 12V, Max SPL ? A quel taux de distorsion ? Crête ou slow ? Le bruit pondéré en dBA dBC… ?
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Directional characteristics: |
Total
harmonic distortion: |
Tableau 2 Les valeurs données pour ce microphone sont justifiées. On peut passer aux courbes.